“En des temps historiques, l’Espagne fut un paradis forestier. Un aigle ibérique, roi des oiseaux de nos bois, aurait pu parcourir la Péninsule en ne survolant qu’un infini manteau vert. Il aurait plané au-dessus des pins, des yeuses et des chênes, au-dessus des forêts de conifères, méditerranéennes ou caducifoliées. Aujourd’hui, les derniers massifs forestiers des chaînes pyrénéenne et cantabrique permettent encore aux aigles de survivre dans un environnement qui devait constituer la majorité de la Péninsule ibérique. Mais l’écoulement implacable des siècles, le feu, la hache, l’agriculture, l’élevage agressif ont fait disparaître, les unes après les autres, les plus grandes de nos forêts. (…) L’écoulement du temps a progressivement transformé la forêt de l’aigle ibérique en une steppe de grandes outardes.”